La vie secrète de nos pseudos, ou pourquoi je ne veux pas bloguer à visage découvert

Visage Matrix

Sur le net, une identité morcelée

Peut-être suis-je naïve, mais pour différentes raisons, je ne crois pas que la loi proposée par le sénateur Masson (voir à ce propos le pearltree alimenté par Yann Savidan) puisse voir le jour.

En parcourant quelques billets à ce sujet, j’ai été interpelée par un commentaire de Hipparkhos sur le blog d’Autheuil. Et notamment cette phrase :

"L’obligation de publier son nom sur son blog rendrait impossible sur internet ce qui est possible dans la vie réelle, compartimenter ses relations".

Je crois que cela explique bien l’émotion que suscite le projet de M. Masson, et c’est justement pour cette raison que je la réprouve.

Attention, révélation : dans mes navigations sur Internet, j’ai recours à plusieurs pseudos… même si celui de See Mee domine à 90 %.

N’y voyez aucune perversion de ma part, cette dissimulation apparente n’en est pas une : je n’ai rien d’important à cacher.

En fait, dans le contexte ouvert de la Toile, l’utilisation d’un ou plusieurs pseudos remplit surtout une fonction de filtre relationnel.

— Quand jongler avec les pseudos délimite des sphères d’expression différenciées

Comme le dit Hypparkos, l’emploi de plusieurs pseudos me permet de séparer mes différentes sphères d’expression :

  • J’en ai eu un quand je publiais un blog "corporatiste", qui me donnait la possibilité de m’exprimer sur des questions liées à mon travail.

Ce que je produisais était un recueil documentaire qui avait pour but de mettre l’information à la disposition du plus grand nombre. J’y étais "transparente", je ne tenais pas à influencer les lecteurs avec mon opinion, réservant celle-ci au cadre de mon engagement syndical.

J’aimais bien l’idée d’être une petite fourmi anonyme, insignifiante, tout le contraire du super-héros qui se masque pour cacher ses hauts faits.

Dans ce contexte, le pseudo m’évitait de prêter le flanc à des mesquineries de la part de mon environnement professionnel immédiat, ou de bénéficier d’une visibilité qui m’aurait donné une importance dont je ne voulais pas.

Mes employeurs n’auraient je pense pas eu trop de mal à me débusquer si j’avais tenu des propos diffamatoires ou trahi mon devoir de réserve.

  • J’en ai un que j’utilise occasionnellement quand je m’exprime sur certains blogs de manière "intime".

Si j’ai envie de parler de ma vie sentimentale, de rebondir sur un sujet qui parle de sexualité, c’est un autre pseudo que j’emploie.

Je peux me permettre le partage d’une certaine intimité, justement parce que les interlocuteurs que cela concerne s’exposent intimement sur leur blog ou dans les commentaires :  dans ce contexte, nous sommes sur un pied d’égalité, comme tenus par un pacte de discrétion et de tolérance.

Ce pseudo n’est connu que de deux catégories de personnes : soit de parfaits inconnus qui se fichent complètement de mon identité, soit au contraire des copains de blogage dont je me sens très proche et qui, pour certains, connaissent mon identité véritable.

  • Et il y a celui que vous connaissez, qui est pour moi comme un nom de plume.

Ce pseudo de See Mee m’a été proposé par Gee Mee, comme une sorte de nom de plume pour signer mes billets sur son blog. Il fait partie de mon histoire de blogueuse et marque la période où j’ai commencé à écrire sur le thème du blogging.

J’aime l’idée que l’on construit une identité autour de son pseudo : c’est un peu comme une marque de fabrique, dont on est à la fois l’objet et l’inventeur.

Très souvent, un pseudo est unique, personne au monde n’a le même ! C’est peut-être pour cela que je préfèrerais appeler Nicolas sous son pseudo Twitter ("Jegoun") : il a beau être célèbre comme blogueur, il existe plein de Nicolas. Du coup, on pourrait croire que je ma pète (n’est-ce pas Philippe ? *Private joke*), car je fais référence à un Nicolas comme si tout le monde savait de qui il s’agit !

Un pseudo est un label qui permet de se singulariser. C’est sur lui que s’appuie la construction de sa communauté : on le repère dans des commentaires, on le retrouve chez les uns et chez les autres, on le lie à un blog s’il y en a un.

Mais ceci ne règle pas la question de l’anonymat….

— La liberté d’expression est-elle en danger ?

Utiliserais-je un pseudo parce que, comme c’est souvent avancé, je ne me sens pas libre de m’exprimer à visage découvert ? Non. Je ne rejoins pas Nicolas, qui dit, dans son billet Anonymat : ne nous trompons pas de combat :

C’est bien parce qu’on est obligés de se réfugier derrière un pseudo qu’on n’a plus de liberté d’expression.

Certes, c’est une question intéressante, en particulier dans des sphères politiques, idéologiques. J’ai moi-même l’impression que la culture politique actuelle nous encourage à des mesures de protection, voire incite à l’auto-censure, quand elle ne prend pas clairement des dispositions pour bâillonner certaines expressions.

Mais même s’il y a des dérapages parfois du côté du délit d’opinion, je ne pense pas que, en général et en France, nous soyons dans une société qui soit si avare que cela à nous accorder le droit d’expression.

Bien au contraire, Internet nous donne l’occasion de nous exprimer librement dans de nombreuses situations, plus que nous en disposions auparavant.

Je suis fascinée par exemple comme il est facile de trouver des interlocuteurs pour parler de sexualité sans tabous ! Avant, n’était-ce pas réservé soit à des relations très proches (amis, couple, voire famille), soit à des sphères plutôt spécialisées (psys, groupes de parole et réseaux tels que le planning familial, groupe de militants féministes et… clubs échangistes) ?

Les réseaux sociaux, les forums, les blogs et sites nous donnent maintenant la possibilité d’échanger sur des sujets que nous ne sommes pas enclins ou en mesure d’aborder avec notre environnement habituel, celui de notre sphère de proximité géographique ou socio-culturelle (voir à ce propos mon billet L’épreuve des espaces sociaux [Rencontre IRL #3]).

Nous pouvons maintenant nous connecter au sein de communautés d’intérêts plus ou moins délimitées thématiquement, mais extrêmement ouvertes quantitativement. Tellement ouvertes qu’il faut peut-être s’en protéger un peu, en créant des filtres.

Dans ce contexte, je n’utilise pas un pseudo parce que ma liberté d’expression est limitée, mais ne pas pouvoir le faire peut sacrément la restreindre !

— Nous restreignons volontairement notre sphère d’expression

Ainsi, l’obligation de publier son identité réelle sur son blog peut-elle porter atteinte à ce que j’ai envie d’appeler le "droit à l’extimité" (sur cette notion, je vous recommande vivement de lire Les nuages lieux de l’extimité ?, par Yann Leroux).

La notion de liberté d’expression ne doit pas être réduite au droit d’exprimer son opinion, mais élargie à celui d’en user de manière différenciée. On ne livre pas les mêmes informations sur soi selon la sphère dans laquelle on évolue. Comme dans la vie de tous les jours !

Tout est question de contexte. Il y a besoin de clés pour déchiffrer nos comportements, nos postures, nos opinons. La part à laquelle je donne accès sous un pseudo reste en théorie lisible, compréhensible : le pseudo permet la reconnaissance de l’identité publique que je veux bien exposer dans cette sphère, de la relier avec toutes les manifestations que j’y aurais ici ou ailleurs sous ce nom.

Mais si j’ai mis en œuvre les bonnes mesures de précaution, j’empêche de rendre trop facile la remontée à la source de mon identité réelle. Utiliser un pseudo me permet de ne pas livrer ce "je" tout nu à des personnes mal intentionnées, et éviter les désagréments qu’entrainerait une trop grande exposition.

> A voir aussi :

Chez Yann Savidan : Le pearltree sur la proposition de Jean-Louis Masson. Une veille sur tous les billets qui parlent du projet de loi.

La partie de son pearltree sur l’anonymat : "Pourquoi suis-je anonyme"
Pourquoi suis-je anonyme

L’appel de Pierre Chappaz, PDG de Wkio : appel pour la défense de l’anonymat sur Internet

Edit, pour aller plus loin :

> Les outils du blogueur anonyme et dissident, publié sur Owni, billet initialement publié sur L’Electronic Frontier Fondation, sous le titre “How to blog safely” (traduction Martin U.).

> Sur le blog du modérateur : Le statut juridique du pseudo, par Olivier Iteanu

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21 réponses à La vie secrète de nos pseudos, ou pourquoi je ne veux pas bloguer à visage découvert

  1. Ferocias dit :

    Excellent billet que je m’empresse de commenter sous pseudo ;)

  2. Excel-Plus dit :

    Très bien "résumé" !
    Contre cette nouvelle forme de censure !

  3. Ah bon article !
    Masson avec sa volonté de régulation démontre qu’il n’a pas compris ce qu’est internet. Il en a une vision tirée de rapport ou de racontage mais il n’a pas vécu l’expérience de manière directe, c’est évident !
    Il faudra que je lise cette histoire d’extimité, ça m’intéresse ! :-) )

  4. [...] This post was mentioned on Twitter by dadavidov, Pamina, pourkwa, pourkwa, nadya benyounes and others. nadya benyounes said: RT @Le_M_Poireau: Identité de blogueur : La vie secrète de nos pseudos http://bit.ly/b3V1w0 cc @BlogExperience [...]

  5. Nicolas dit :

    Tout se débat et j’admets que je joue volontiers l’avocat du diable mais bloguer sous pseudo n’est-il pas accorder plus d’importance à nos écrits qu’ils en ont.

    A un moment, j’avais ouvert un blog pour pouvoir raconter des trucs que je ne voulais pas que ma mère lise (globalement les conneries de cuites). Je faisais donc des liens vers les blogs de mes lecteurs de PNA pour qu’ils lisent mais sans jamais faire de relation avec mes trois autres blogs.

    Sans être anonyme, je sais que ma mère n’a jamais trouvé ce blog (j’avais donc réussi mon coup sans être anonyme) mais j’ai remarqué que ce que j’y diffusais n’avait aucun intérêt. J’ai donc cessé : seul compte ce que j’ai à dire ouvertement…

  6. See Mee dit :

    @Monsieur Poireau : Je te remercie pour ton RT, qui a eu un petit succès. ;-)
    Espérons que M. Masson lira toute la prose que son projet a suscité et, grâce à cela, comprendra un peu plus qu’Internet est quelque chose de plus complexe et plus plus nuancé que ce qu’il croyait !

    @Nicolas : "Bloguer sous pseudo n’est-il pas accorder plus d’importance à nos écrits qu’ils en ont".
    Si je conviens que cela n’est pas sensé avoir de l’importance pour nos lecteurs, conviens que cela peut en avoir pour ceux qui écrivent. Chacun investit sa présence sur la toile à sa convenance. Peut-être que certains y jouent leur vie, d’une certaine manière ? Tu y passes beaucoup de temps, mais revendique la légèreté d’un simple loisir ? C’est très bien aussi !

    Il n’y a a pas de contradiction, en fait, car tout doit pouvoir co-exister.
    Par exemple, j’aime bien comment tu tisses des entrelacs entre tes blogs, et nous donne à te voir sous différentes facettes (politique, geekeries, et "conneries"), même si ce n’est pas ce que je veux faire pour moi.

  7. Nicolas dit :

    See Mee,

    Oui, chacun fait ce qu’il veut.

    J’ai été voir une partie des blogs de ceux qui avaient commenté l’appel de Wikio. Ils sont "dérisoire" vu du dehors (et j’entends bien que le mien est dans le lot… mais je ne le vois pas de l’extérieur).

    C’est dans ce sens que je parle de "plus d’importance"…

    Tu vois, tous ces blogueurs qui font de l’antisarkozysme. Ils se prennent vachement au sérieux. Pourtant, tout le monde s’en fout, la presse et l’Elysée en premier.

    Mais effectivement, la plupart des blogueurs sont attachés à leurs écrits. Pas moi. Je blog dans l’instant.

  8. Zgur dit :

    La proposition de loi de ce Masson prouve avant tout qu’"ils" ont la pétoche. Et qu’il en ont marre de voir des petits malins aller retrouver les preuves de leurs trahisons successives et de leur incohérence quasi constante (sauf quand il s’agit de démolir ce qui ne s’agenouille pas devant leur dieu pognon).

    Et sur le fond du billet, je partage la compartimentation des discussions. Je n’ai pas envie que mon employeur passé, actuel ou futur aille fouiller dans mes affaires et mes opinions privées (que je ne cache pas non plus dans la vie). Je garde la possibilité d’en parler ou pas, selon le lieu ou le moment que je trouve opportun ou pas.

    Tout ça me semble relever d’une pathologie idéologique, celle de ceux qui sont pour la démocratie et la liberté d’expression à partir du moment où on est d’accord avec eux, et seulement dans ce cas.

    Arf !

    Zgur, pseudo et acronyme

  9. M1 dit :

    Tout est dit ! le fait même de proposer cette loi est stupide car comme tu le dis, ça n’a aucune chance de voir le jour ! Mais tout ça démontre que la majorité perd les pédales dès qu’il s’agit d’internet, le mal absolu.

  10. doudette dit :

    Si je publie et communique sous pseudo, ce n’est pas que je veux cacher mon identité (je la donne volontiers à qui la demande) mais parce que je veux pas qu’en entrant mon nom et mon prénom sur google ou autre, on tombe sur ce que j’écris par ailleurs.

    Ca fait partie de la sphère privée et il n’y a aucune raison que les gens avec lesquels je travaille ou pourrais travailler en aient connaissance, sauf à ce que je le leur dise.

    Voilà, c’est tout.

  11. See Mee dit :

    @Nicolas : Tu vas les vexer, tes camarades, avec ce genre de modestie. ;-)

    @Zgur : Comme dit Nicolas, "ils" devraient pourtant bien être capable de relativiser l’impact de tout cela… Mais qui veut piquer son chien prétend qu’il a la rage.
    Et oui, c’est inquiétant pour la démocratie, cette idéologie qui consiste à vouloir en permanence contenir tout le monde pour quelques abus isolés.

    @M1 : Quand, après quelques heures épanouissantes de navigation sur les blogs, j’entends quelques personnes en vue cracher leur venin sur Internet et sa dangerosité, j’hallucine ! Cela ne correspond tellement pas à ma réalité…

    @Doudette : Voilà. Le "droit à l’extimité", c’est ça : partager ses sphères privées avec qui on veut, en toute sécurité.

  12. Gwendal dit :

    Même si je comprends ton raisonnement, c’est quelque chose qui n’est même pas envisageable en ce qui me concerne.
    Je serais bien incapable de séparer ce que je suis, de ce que je dis aux uns ou aux autres. Je suis un, entier et complexe à la fois, et à partir du moment où je décide de parler de moi (ce à quoi sert un blog), mon discours reste un et entier…

    Pour moi, soit tu racontes, soit tu te tais. C’est aussi simple que ça.

    Quant au droit à « l’extimité », cela s’apparente, en ce qui me concerne, à de la manipulation.

    Je sais, je suis très binaire comme type… :-)

  13. Océane dit :

    Les "élites" de ce pays ont peur de ce qu’ils ne peuvent controler. Juste ça. Et puis on commençait à se lasser de la burqa, comment ne pas parler des retraites ou du chômage ? En parlant de l’anonymat sur le web !!!

  14. balmeyer dit :

    Excellent ! Je justifie mon « excellent » parce que j’y trouve un argument auquel je n’avais pas pensé, et qui tombe sous le sens : compartimenter nos relations. J’ai constaté qu’on contrôle beaucoup moins ceux qui viennent vers vous, niveau web, alors que notre identité est, naturellement morcelée : on n’est pas pareil avec ses amis, sa mère, ses collègues. C’est une bonne idée.

    Il y a aussi le fait que le « petit » n’a pas la même protection que « les guignols de l’info », et qu’un politique engagera des poursuites sans hésiter sur le premier, mais pas sur les seconds, question d’image. Quid des mazarinades, des placards, des pamphlets, des graffitis ? (billet en cours, ne pas me piquer l’idée).

    Dernier point, et évidemment je prêche un peu pour les hurluberlus dans mon secteur, mais ce non-anonymat forcé part d’une vision réductrice : blog = presse = politique. Quid de ceux qui bidouillent deux trois poèmes, des dessins, un personnage, inventé ou pas, des trucs littéraires (je ne me considère plus comme un blog littéraire), bref un « univers » hors d’eux même ?

  15. See Mee dit :

    @Gwendal : Ah mais bien entendu je ne dis PAS qu’il FAUT obligatoirement se morceler. Mais je ne crois pas non plus qu’il soit possible de se mettre à nu, se livrer entièrement aux yeux de tout le monde, question de pudeur… et de sécurité. J’ai bien apprécié la réponse qu’a fait Fantôme de Lune sur ton billet La pensée doit-elle être anonyme ?.

    "Quant au droit à « l’extimité », cela s’apparente, en ce qui me concerne, à de la manipulation." >> peux-tu préciser ce que tu entends par là ?

    @Océane : Entendrais-tu que cette histoire est une stratégie politique de la majorité ? J’ai plutôt eu l’impression que Masson avait pris une initiative isolée…

    @Balmeyer : Contente de t’avoir offert un nouvel argument. :D
    J’en ai peut-être trop fait, mais je suis allée pester sur pas mal de billets qui n’abordaient la problématique que sous l’angle de l’opinion, et rentraient dans le jeu de Masson en le confortant (façon de parler, je présume qu’il n’en lira rien) dans l’idée que tous les blogs peuvent s’apparenter à du journalisme.
    Et contente que tu te manifeste ici, car j’ai bien aimé tes commentaires ailleurs… ;-)

  16. Bealapoizon dit :

    Excellent billet ( j’ai envie de dire comme d’hab parce que je ne commente pas souvent mais je lis).

    Je suis d’accord avec See me mais aussi un peu avec Océane, provoquer des vagues d’un côté cache la misère de l’autre…ou tous les sujets qui fâchent.

    En ce qui me concerne je n’ai qu’un pseudo partout et je me demande si c’est une si bonne idée… je pense que " grace" à Mr Masson je vais faire attention à me " cacher" un peu plus !

  17. See Mee dit :

    @Bealapoison : Merci de venir, même silencieuse. ;-)
    Je disais avoir un pseudo pour faire des commentaires plus "intimes", mais je ne veux pas dire que tout le monde doit faire ainsi. En fait ce pseudo je l’avais avant celui-ci, et j’ai trouvé commode de continuer à l’utiliser de temps en temps, et presque toujours sur des blogs de personnes qui savent à quoi s’en tenir sur moi. C’est plus un instinct de protection qu’une mesure de précaution réfléchie.

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