Vous l’aurez compris : je n’ai pas tenu mes résolutions d’après l’été, et ce que je ne croyais n’être qu’une passade estivale commence à sentir la mise en hibernation du blog.
Et ce n’est pas parce que j’écris le présent billet que j’inverse la tendance. Les projets d’évolution sont reportés, l’édition du recueil de nouvelles a pris du retard (c’est plus compliqué que ce à quoi je m’attendais), mes commentaires chez vous se font encore plus rares que ce que mon dernier post annonçait…
Je n’ai plus l’esprit au blogging, en ce moment. J’ai beau savoir que ce manque de rythme me coûtera probablement cher quand je serai disposée à m’y remettre, je n’ai pas envie de me mettre la pression. L’envie et le plaisir avant tout, n’est-ce pas ?
Petit tour d’introspection sur le non-blogging, histoire de ne pas tout à fait perdre la main…
Un blog peut-il survivre sans son blogueur ?
Faut croire que oui. J’ai toujours des visites, merci le référencement. Quelle ironie d’ailleurs de constater que l’énergie mise à produire ne rapporte que quelques % de visiteurs en plus ! Mais évidemment, les visites d’aujourd’hui ne procurent pas la même satisfaction, sauf quand quelques lecteurs, ne se laissant pas intimider par le manque d’animation, osent tout de même laisser un commentaire. Ils vont sans doute se lasser, d’ailleurs, puisque je n’ai pas le courage de leur répondre.
Un blogueur peut-il survivre sans son blog ?
Heureusement que oui : j’ai passé les derniers mois sans m’en préoccuper, et cela ne m’a pas vraiment manqué. Dire qu’à une époque c’était inconcevable de le lâcher plus de deux jours ! Mes activités ont changé du tout au tout. J’y ai gagné dans l’affaire : des nuits enfin complètes, davantage de lectures et de films, et, argument qui me donne bonne conscience, une réduction de mon tabagisme de 50 % ! Parfois j’ai l’impression que c’est tout simplement mon corps qui ne veut plus bloguer, contraignant mon esprit à se détourner de cette activité… pour mon salut ?
Que ressent un blogueur qui a abandonné son blog plusieurs semaines, voir plusieurs mois ?
Voici pour moi : soit je n’y pense tout simplement pas, soit j’éprouve une sorte de gêne, vous savez, comme quand on se répète si souvent qu’il faut qu’on appelle quelqu’un. Des fois, c’est même comme si on l’avait fait, finalement, tellement on y a pensé. Mais la plupart du temps, n’ayant plus du net qu’un usage utilitaire, je n’ai tout simplement plus rien à dire en rapport avec ma ligne éditoriale… incroyable, mais vrai !
Des relations sur Internet peuvent-elles être préservées quand on ne blogue plus ?
Bonne nouvelle ! Des amis (car je crois que je peux les appeler comme cela…) me demandent ce que je deviens, d’autres me montrent qu’ils ne sont pas indifférents à mon dernier passage sur Twitter. Ce n’est pas le but recherché par cette absence, mais cela fait tout de même plaisir, on ne va pas le cacher…
La mise en sommeil d’un blog est-il mauvais signe ?
J’ai un ami qui ne blogue plus depuis des mois, et qui n’a pas répondu à un mail où j’exprimais mon inquiétude sur son silence. On peut tout imaginer, quand c’est comme ça. En ce qui me concerne, rassurez-vous : ce n’est pas le signe d’un quelconque mal-être, mais au contraire celui d’une vie bien remplie ! Je ne vous oublie pas, mais j’ai tant à faire, et, ne parvenant à m’investir en pointillé, j’évite de pointer mon nez.
…
Ça, c’était la version officielle, rassurante. Les explications de quelqu’un qui sait où il en est. Mais en vrai, ce n’est pas si clair que cela dans mon esprit.
Des fois je me dis que l’envie va me revenir et m’imposera à nouveau le blogging comme une impérieuse nécessité, quelles que soient mes autres activités, comme avant. Après tout, quand on est motivé, on sait toujours faire de la place à ce qui nous nourrit. Le manque de temps est bien souvent une excuse qui ne résiste pas à l’étude sincères de ses véritables motivations… Oui mais alors, pourquoi ne suis-je plus dans la même disposition ?
Me suis-je lassée finalement de mon créneau, avant même que je m’en rende compte de manière consciente ? Lassée de certains sujets, certaines routines et habitudes, certains usages qui auraient fini par être ressentis comme des contraintes ? Lassée d’écrire, de lire, de commenter, de m’emplir de ce bruissement incessant du net ? Il est vrai que j’ai été si boulimique que j’ai placé la barre un peu haut. Il y a eu des périodes où je pompais pas mal dans mes réserves, aux dépends du reste.
Le commentaire de Yann me taraude : "Un blogue n’est-il pas destiné à être abandonné lorsqu’il a rempli son usage. Comme un doudou ?". Si c’est le cas, le fait que je parvienne à m’en passer signifie-t-il que j’ai progressé, ou ai-je tout bêtement trouvé d’autres expédients pour canaliser mes névroses ?
Là, j’ai un rire nerveux, quand je pense à l’énergie déployée à trouver et prendre des infos sur ma nouvelle voiture, allant jusqu’à m’inscrire sur un forum (tout un monde, les forums, faudrait que je vous propose ce sujet un jour, tiens) ! La voiture-doudou, une symbolique bien connue, hein ?
Et ce boulot dans lequel je me suis investie à corps perdu dernièrement, avais-je vraiment besoin d’y consacrer tant de temps ? Ne cherchais-je pas à prouver quelque chose, quelque chose du même ordre que ce que j’aurais cherché à me prouver par le blogging ?
Besoin de prouver ma valeur ? Besoin de me détourner de mes insatisfactions ? Besoin de stimulations intellectuelles ? Pfff… va savoir, peut-être un peu de tout cela, et des tas d’autres choses ?
Et vous, vous êtes-vous posé ce genre de questions ?



[...] This post was mentioned on Twitter by JeandelaXR, Simon Tripnaux, jegoun, Pelcé Cathy, See Mee and others. See Mee said: : http://wp.me/pA4rn-1aI [...]
Bonjour, toujours un plaisir de vous lire.
Le rapport au blog est personnel, me concernant j’ai toujours pensé qu’il était un exutoire. Il a rempli le vide crée par une inactivité : ces derniers mois je passais pas loin de 10h par jour sur le net (forums, blogs, infos, commentaires…). Je sais que je lui laisserais peu de place voire pas du tout dès que j’aurais retrouvé un équilibre naturel professionnel/personnel. Ce sera alors le premier de mes passe-temps chronophages à être sacrifié.
moi je crois que le commentaire de @Yann est souvent pertinent. A la condition que le blog soit un exutoire, ce qui semble être le cas, un peu, ici…
Moi je me suis un peu ravi (pas trop non plus, il ne faut pas exagérer mon altruisme) de ne plus avoir de postes ici puisqu’à moins d’un suicide (ce à quoi tu ne semblait pas disposée – encore que un suicide n’est souvent pas prévisible) je me suis simplement dit que tu avais d’autres choses à faire dans ta vie IRL. Et je trouve cela très bien.
Que tu ais évoluée au point de ne plus avoir besoin du bloging, que tu n’ais plus besoin de cette échappatoire… je trouve que c’est une excellente nouvelle. Tu y reviendras peut-être (probablement…) mais c’est bien de savoir que les gens changent. J’approuve, donc!
Sans aller jusqu’à le comparer à un doudou, car je n’en ai jamais eu (j’aurais dû ?) un blog est une tribune qu’on se donne pour exprimer des tas de choses. Lorsqu’il a le profil du blog personnel, au sens personal diary, il est probablement un exutoire ou un miroir qui n’a pas vocation de durer très longtemps. Les filles se souviendront de l’assiduité qu’elles mettaient à entretenir leur "cher journal". Durée de vie moyenne d’un journal intime ? 2 ou 3 ans max ? Perso je n’en ai jamais eu (décidément !) Mais le blog peut être simplement un tremplin, une vitrine, un outil professionnel et dans ces cas-là, il ne renferme pas d’aspect thérapeutique et donc peut alors durer longtemps. Alors, le vôtre, SeeMee, il est dans quelle catégorie ?
Content de te lire.
Tu sais parfois on se dit que les autres prennent du recul et on n’ose pas les contacter.
Voila.
Bon.
Me voilà rassuré. Enfin, en quelque sorte.
Je passais, et repassais. En silence, toujours (je suis discret). Et puis rien.
Ceci explique cela.
De plus, ton cas est -tu t’en doutes- loin d’être isolé; moi-même… Mais bon, on s’en fout.
Prendre le temps de prendre le temps. Oui, curieuse phrase.
Prends donc le temps, et s’il ne se laisse pas attraper, violente-le (non mais !). Quant à ton blog, et bien il restera toujours cette fenêtre qui m’a propulsé dans cette blogosphère pas toujours sympa mais terriblement attirante… La garce.
Au plaisir de te lire, ici ou ailleurs.
Ne plus bloguer, ne plus avoir d’inspiration, c’est dur! Et quand on a derrière soi des centaines (ou des milliers) de billets, c’est encore plus dur, même si c’est explicable.
La publication sur un blog doit rester un plaisir. Ne pas publier ne doit impliquer aucune frustration, aucun remords.
Welcome back, ou pas? : )
Je pense honnêtement que tu cogites trop par rapport à ton blog ! Encore une fois ça doit rester un plaisir, non une contrainte ! Si ça vire au "boulot", c’est certain que le plaisir disparait et qu’un certain moment, on démissionne !
Poster quand t’en as envie, quand t’as un truc à dire, c’est là le plaisir !
Alors welcome back, avec du plaisir ; )
@Vlad : "Il a rempli le vide crée par une inactivité." Je crois que c’est un peu cela, l’image du doudou employé par Yann (un psy !)… un objet transitionnel qui a le pouvoir magique de nous faire supporter (oublier ?) un manque, l’absence de quelque chose.
En tous cas, merci de ta visite. J’espère que tu vas retrouver l’équilibre naturel dont tu parles.
@Franck : Merci pour ta bénédiction !
Je vois que toi tu poursuis tes activités… exutoires ? En tout cas ton billet Talons Aiguilles m’a bluffée ! Soit tu connais très bien la psychologie féminine… soit celle-ci n’est qu’un mythe pour nous faire croire que homme et femmes ne sont pas capable de se comprendre !
@Gicerilla : Mettons que l’on puisse mettre une interprétation psychologisante à tout (juste une hypothèse, hein), on pourrait alors prétendre que même un blog qui se veut "pro" est le reflet d’une quête de son auteur. J’ai observé la frénésie de certains blogueurs de ce type à l’utiliser comme un outil de faire-valoir au point que cela tourne à l’obsession et à l’égotisme. Ce sont peut-être justement eux, les plus persévérants, car ils en attendent des bénéfices concrets.
Moi je navigue entre tout cela, et même je dirai que j’apprécie ce flou, cela laisse la porte ouverte à toutes possibilités.
@Ferocias : Ce petit mot me touche. Et à part ça, tu t’en es sorti avec ta nouvelle bibliothèque ?
@Stéphane : Oh, tu es donc pour quelque chose dans ces visites en période d’inactivité ! Tu sais, j’ai un mail, on peut se parler hors du blog si tu veux (et c’est valable pour tout le monde). Merci de m’apprendre en tous cas que je suis pour quelque chose dans tes relations avec la blogosphère, c’est réjouissant !
@Eric : Quand je parle de ces sujets, je pense souvent à toi et à cette notion de plaisir que tu mets toujours en avant.;-)
@M1 : Ah, mais tu sais bien que c’est le principe de ce blog de cogiter sur la pratique du blogging. Je ne pouvais pas laisser passer une occasion comme celle-ci de me répandre sur le non-blogging !
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@TOUS : Merci de vos mots sympathiques, et pardonnez-moi de ne pas trop commenter chez vous, j’essaye de ne pas abuser de mon écran, je consomme avec modération. Cela ne m’empêche pas de penser bien à vous et de faire quelques visites discrètes !
Haha ! ben oui ! ça se tient ! le no-blogging pour faire un post sur le no-blogging ; )
Passe prendre une bière au m’café à l’occasion ; )