Depuis le premier débat des primaires, ceux qui suivent mon fil Twitter l’on constaté (excuser mon enthousiasme, au passage), je suis de très près la campagne de Arnaud Montebourg.
J’avais prévu un billet pour apporter ma vision sur les différents candidats, mais la certitude de mon choix s’est tant affirmée que (une fois de plus !) il est resté à l’état de brouillon. A la veille du vote, il est plus que temps de le publier, et d’officialiser mon soutien.
— Mon comparatif
J’ai bien saisit l’enjeu des primaires, qui est de désigner celui qui saura affronter rétamer Sarko, empêcher la poursuite de la politique corrompue et élitiste qu’il représente. Je comprends que, si l’on veut voir à nouveau la gauche arriver au pouvoir, il ne faut pas se tromper de cheval pour la compétition électorale.
Mais après ? C’est là que pour moi ça coince. A quoi bon prendre les rênes si ce n’est pas pour transformer en profondeur un système devenu injuste ?
Dans ce sens, les éléphants du PS ne me semblent pas les meilleurs candidats. Certes, ils semblent avoir tiré quelques leçons du grand reproche qui leur était fait, à savoir l’absence de programme, de vision pour l’avenir. Mais, au-delà du programme commun du PS et de quelques réflexions personnelles pertinentes et bien tournées, Hollande et Aubry ne m’ont pas convaincue qu’une fois arrivés à la majorité il advienne les changements qui me semblent souhaitables. Et puis, voyez comme ils se sont ajustés au fil de la campagne, suivant les courants de leurs challengers : n’est-ce pas le signe qu’ils ne sont pas leaders sur le plan des idées ?
Je passe sur Baylet et Walls, qui eux non plus n’ont pas dit que des conneries, mais dont je ne partage pas les valeurs essentielles, et dont la vision politique est trop libérale ou trop simpliste à mon goût.
Ségolène, je ne la cerne pas. Tantôt elle propose des solutions innovantes, tantôt elle s’inscrit dans un discours où le réac (l’encadrement militaire) se mêle étrangement au mystique (la Morale). Je vais vous dire : je réside dans sa région, celle qu’elle nous sert constamment comme exemple. Elle est perçue comme volontaire, assurément, et a un réel investissement sur la croissance verte. Mais ses idées de démocratie participative ont fait long feu. Pire, on lui reproche son autoritarisme, sa manière d’imposer ses vues sans dialogue, ses choix arbitraires. Ce sont des structures sociales et socio-culturelles qui disent cela, ceux-là même qui ont été les plus vaincus à l’élire, à une large majorité ! Non, décidément, Ségolène a trop besoin d’être canalisée pour accéder aux plus hautes fonctions.
Reste Montebourg. Ses manières m’ont longtemps parasitée, ont été un frein pour que je l’écoute vraiment. J’aimais bien le concept de VIè république, jusqu’à ce que je ne sais plus quelle mauvaise presse axée justement sur des manœuvres politiciennes n’en détourne mon attention. Le premier débat a en ce sens été une véritable découverte. J’ai trouvé son diagnostic en phase avec mes propres observations. Au commencement déçue qu’il se focalise sur les questions économiques, j’ai pu être déçue qu’il n’aborde pas certains des sujets qui me préoccupe.
Et puis j’ai compris. J’ai mesuré combien la question démocratique était inextricablement liée à la question économique. Je me suis rappelée mon indignation face à l’attitude des médias, et le constat de leur obédience aux idées libérales. J’ai songé aux désillusions de mon travail au service de l’État, avec toutes ces mesures ciblées inefficientes. J’ai compris que pour aider les travailleurs pauvres, les chômes, les jeunes, les personnes en difficulté, il était vain de ne pas attaquer le mal par la racine : l’économique, et le fonctionnement de nos institutions.
— Pourquoi Montebourg est le vote utile
Je crois qu’il n’y a qu’une seule fois où je n’ai pas voté PS, et ce fut le 21 avril 2011. Le résultat vous le connaissez. Même s’il n’est pas question d’ignorer nos responsabilités collectives, et en particulier celui des appareils politiques, un sentiment de culpabilité s’est imprimé en moi.
Dès cet instant il fut certain qu’envisager de voter pour un candidat qui n’a aucune chance d’accéder au second tour me posera problème. Pourtant, demain, voter Montebourg ne me posera aucun cas de conscience.
D’abord sur le fond : sommes-nous condamnés à voter uniquement pour faire barrage aux uns et aux autres (Le Pen, Sarkozy…) ? Si justement la politique a perdu de son attrait, c’est que nous ne sommes plus autant capables de faire les choix qui nous semblent justes : impuissants, nous avons abandonné le fond, nous avons cessé de rêver, et cela se comprend. Mais n’est-il pas justement le moment d’avoir un sursaut démocratique avant que notre expression citoyenne soit reléguée à cautionner des politiques d’un système dont ils sont eux-même les marionnettes ?
Ensuite sur la stratégie : on a vu la côte de Montebourg ne cesser de monter. Pas que dans ces sondages à prendre avec beaucoup de précautions (rappelez-vous le coup du traité européen en 2005, où le non l’a emporté en dépit des prévisions). Les médias, qui n’oublient pas juger au doigt levé de ce qui fait leur audience, ont senti que quelque chose le portait et ont davantage parlé de lui. Montebourg est capable de rassembler des mouvements politiques qui, s’ils sont parfois aux antipodes, sont d’accord avec son analyse et adhère à socle qu’il propose de construire : la démondialisation (entre alter-mondialisation et protectionnisme doux à l’échelle européenne) et la VIè république.
Nous verrons bien si cela suffit à le porter au second tour après le vote de demain, puis à lui faire gagner les primaires. Mais ensuite, je ne doute pas qu’il rassemble les français autour de son projet de "nouvelle France" et soit capable de gagner la présidentielle. Je l’ai écouté et vu des dizaines d’heures, j’ai lu presque toutes ses propositions. Il a de la conviction et de l’engagement, et en meeting sa prestance est impressionnante (sans lire ses notes…).
J’ai même pu, juste en passant par le responsable local des volontaires de chez moi, faire passer des idées que j’ai eu le plaisir de retrouver dans cet article : Changeons nos vies ! Il est à l’écoute, assez neuf pour n’avoir pas encore tous les travers qu’un parcours en politique ne manque pas de développer. Il est exactement ce changement de politique dont nous avons besoin après des années de Sarkosysme et des décennies de social-libéralisme…
— Cadeaux bonus
Je vous invite à butiner dans Pearltrees dans les ressources que j’ai compilées, et à creuser son projet, visionner des vidéos, mesurer la croissance de cet espoir dont il est porteur. Je vous le dis, nous n’avons pas fini d’entendre parler de lui !
Enfin, pour finir, je vous invite à aller visiter les blogueurs que Melclalex a listé (et ils sont à chaque instant plus nombreux, pas loin d’une cinquantaine à cette heure, sans parler de ceux qui se déclarent sur Twitter !).



il eut été dommage que tu ne publie pas ce billet plein de bon sens,Je suis d’accord avec ton analyse. a quoi bon changer si ce n’est pas pour tout changer.
[...] Sursaut démocratique avec Montebourg ! [...]
@Lolobobo : ceux qui ne sont pas d’accord se sont abstenu de commenter, tu crois ?
J’ai un peu peur que ces derniers jour, une grande partie des bloguerus politiques aient fait le choix de parler de leur "favoris", et que certains blogs moins connu pour leur prises de position pour tel ou tel candidat, aient été un peu "mis a l’écart" du bébat blogosphérique politique…
c’est du moins mon impression ce qui a mon avis peut expliquer le peu de commentaire a ton billet partisan
Après plus généralement j’ai l’impression que de plus en plus twitter prend le pas sur les commentaires…
mais je dis ça, je dis rien…
très bon billet quand même