L’invisible bonheur néolibéral

La fin de la civilisation, vue dans La planète des singes

La fin de la civilisation, vue dans La planète des singes

Avant quand j’entendais le terme "néolibéral" je le rapportais surtout à une bande d’hurluberlus contestataires, nostalgiques d’un collectivisme et d’un étatisme d’un autre âge dangereux pour nos libertés. C’était un mot pour désigner un ennemi… qui se gardait bien de le revendiquer.

Bref, vous l’aurez compris, je ne me sentais pas du tout concernée par le libéralisme, même précédé d’un "néo".

Car j’avais une confiance aveugle en notre notre système : ne nous apportait-il pas le progrès, toutes ces bonnes choses pour notre confort, notre bien-être et notre plaisir ? La liberté d’entreprendre était un moteur pour notre économie, la croissance était un processus d’enrichissement infini qui finirait bien par porter ses fruits dans le monde entier et bénéficier in fine à tout un chacun.

Mais depuis quelques temps, pardonnez-moi, je doute…

— Dans quel monde on vit ?

Les entreprises ont beau nous assaillir de produits et services à profusion, elles ne suffisent plus à fournir assez de travail aux actifs. Elles en rajoutent même une couche en durcissant les règles de production et de rémunération, afin de tenir leur compétitivité.

La précarité et le chômage, bien installés, ne donnent plus assez de pouvoir d’achat pour consommer, et à peine le minimum pour assurer des conditions de vie correctes. Pour assurer la cohésion sociale, le service public, affaibli, ne sait plus où donner de la tête.

Le progrès technique ne cache plus l’insuffisance des ressources et ne parvient pas à compenser les dégâts produits sur l’équilibre écologique. Même la dématérialisation ne tient pas ses promesses.

La mondialisation, plutôt que de remplir sa mission de rencontre des peuples et de partage des richesses culturelles et matérielles, mets les régions du globe en concurrence, poussant vers le moins-disant social et le saccage environnemental.

Les politiques ont l’air de ne plus rien maîtriser, au point que la gouvernance des nations soit confiée à de super-techniciens de l’économie, désignés en marge du processus démocratique.

Les prévisions des économistes n’ont plus aucune fiabilité, les dettes explosent, les agences de notation font la pluie et le beau temps, les marchés s’affolent, les banques courent à la faillite.

Le système lui-même semble douter du bonheur néolibéral que l’on nous promet depuis si longtemps !

— Alors, avec mes camarades, je vous pose la question :

Madame, Monsieur,

Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.

Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – ne sera qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…

Disons le net : nous sommes sceptiques.

Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :

Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?

Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.

Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.

Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?

Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Action conjointe à l’occasion de l’anniversaire de la mort d’un des fondateurs de la pensée libérale, Milton Friedman.

Avec les blogueurs : Océane, Mipmip, Agnès, SeeMee, Seb Musset, CSP, Marco, Dadavidov, Vogelsong, Intox2007, Dedalus, Christian, Bah !? By CC , Gaël, Nicolas, et tous ceux qui voudront bien prendre la parole à leur tour et relayer cette interpellation !

Edit : Voir aussi chez Monolecte, 365MotsJojo, Alter Oueb, Altermonde sans frontières, Galuel, Drclehmann, Cent papiers, Dalipas, Une Autre vie, Crêpe Georgette, Christian Lehmann, Heaven can wait, Mes coups de coeur, Seniorette made in web, Gnaffron, Gauche de combat

Seb Musset a même fait un Pearltree où vous pouvez lire tranquillement tous ces billets !
Le #bonheur_neoliberal c 'est pour quand ?//

**** N’oubliez de retweeter ces billets en ajoutant le hastag #Bonheur_Neoliberal ! ***

> Pour aller plus loin :

1) Un peu de pub pour ce billet d’Arnaud Montebourg, une des rares voix au PS à s’exprimer clairement sur la crise : Les marchés financiers contre la démocratie (15 novembre 2011).

2) Une interview de Noam Chomsky sur le néo-libéralisme, extrait de L’Encerclement, film de Richard Brouillette (2008)

À travers les réflexions et les analyses de plusieurs intellectuels de renom, ce documentaire trace un portrait de l’idéologie néolibérale et examine les différents mécanismes mis à l’oeuvre pour en imposer mondialement les diktats.
Avec : Noam Chomsky, Ignacio Ramonet, Normand Baillargeon, Susan George, Omar Aktouf, Oncle Bernard, Michel Chossudovsky, François Denord, François Brune, Martin Masse, Jean-Luc Migué, Filip Palda and Donald J. Boudreaux

D’autres extraits sur http://www.encerclement.info

20 réponses à L’invisible bonheur néolibéral

  1. J’aime beaucoup!

    Je ne suis pas convaincu par la démonstration à propos du libéralisme, surtout mélangé au néo-libéralisme, deux termes qui n’ont rien à voir entre eux. En particulier le second qui est péjoratif, issu d’une expression des collectivistes qui l’a élaboré consécutivement au comportement abject des financiers, qui n’a rien de libéral, tout au contraire.

    Le premier, dont un des tenants était Milton Friedman, comme vous le soulignez (je ne savais pas que c’était le jour anniversaire de sa mort) est un des paramètres à prendre en compte pour une économie saine et stable. Forcément, il y en a d’autres. Je rappelle que Friedman était un économiste, donc incapable d’envisager le facteur humain dans toute sa largeur.

    En revanche, ce qui se passe aujourd’hui sur les marchés n’a rien à voir avec le libéralisme, en particulier selon Friedman. Il n’a jamais recommandé le pillage social, par exemple. La vérité est que sous couvert d’une pseudo intention de libéralisme, les puissants ont mis en place des procédés malhonnêtes de pillage de l’économie. La privatisation des grandes entreprises de l’Etat en est l’exemple le plus criant. Chacune des grandes privatisations a amélioré le bilan économique des élus qui l’ont vécu…mais a appauvri l’Etat, donc le peuple.

    En fait, jusqu’à présent, où que ce soit sur cette planète, le monde n’a encore jamais connu le libéralisme!

    Le collectivisme n’était bien évidemment pas la tasse de thé de Friedman…mais keynésianisme non plus par exemple. De fait, le libéralisme, dans toute son expression, consiste en la sociale-démocratie. Cette interprétation induit que tout individu à des droits, sociaux, mais individuels en particulier. C’est cette vision qui était celle de Friedman, que nous pourrions considérer comme un humaniste. Il était des rêveurs qui songeaient à domestiquer l’économie pour la mettre au service de l’Homme. Ce qui s’est passé ne repose donc en rien sur le libéralisme, puisqu’il n’implique pas l’escroquerie.

    Nous voyons aujourd’hui que la démocratie….Remarquez, en le disant très vite, on pourrait peut-être parvenir à s’en convaincre?

    Ou plutôt si, nous vivons en démocratie, une démocratie greco-romaine, le peuple, c’est ceux d’en-haut. Ceux d’en-bas ne sont que les plébéiens dont le rôle est de servir "ceux d’en-haut"…ce que les plébéiens ont fait scrupuleusement durant des dizaines d’années, tant qu’on les gavait comme des canards gras de tout un tas de cochonstés plus ou moins indigestes mais plus ou moins plaisantes au palais. Aujourd’hui que les puissants ont fini de s’installer et qu’ils procèdent à la récolte de foies gras, c’est le désenchantement!

    Que faire? Instaurer le collectivisme? Ou une forme quelconque de collectivisme? Ce serait faire bien plus abstraction du facteur humain que ce qui se passe aujourd’hui. On en a vu ses ravages. L’être humain est grégaire, mais non-collectiviste. Il est socialement grégaire mais vitalement individualiste. Le collectivisme ne peut qu’amener à la dictature, la répression et la guerre.

    En ce qui me concerne, je ne collaborerai jamais à un système non-démocratique (et le collectivisme, n’est pas démocratique, il est auto-cratique, il se suffit à lui-même).

    Non, ce qu’il faut, c’est instaurer le libéralisme en profitant des paramètres que des gens comme Friedman ont ignoré puisqu’incapables de les envisager.

    Nous sortons d’une époque keynésienne, que je vomis. L’interventionnisme d’Etat dans les entreprises, sous pretexte de sauver des emplois ou je ne sais quoi, aura été notre plus grand poison. Les entreprises n’avaient plus qu’à se développer puis à être mal gérées pour que les puissants puissent avoir une bonne raison d’obtenir des réductions de charges sociales et des aides pour maintenir leurs employés qu’ils auraient été contraints de virer autrement. Avec ses aides ils se sont octroyés de généreux stock-options, de royaux bonus et se sont ensuite virés les uns les autres pour bénéficier de leurs mirifiques parachutes dorés.

    Aujourd’hui, alors que d’avoir trop pompé le marché s’est effondré…ils virent!

    L’Etat n’a pas à intervenir dans les affaires des entreprises autrement que pour condamner la mauvaise gestion. Le reste est affaire de démocratie.

    Instaurons donc la démocratie économique et tout rentrera dans l’ordre dans un libéralisme enfin établi.

    Quoi qu’il en soit, votre article est vraiment révélateur d’une portance d’espoir et indicateur de futurs changements. Je ne suis pas certain de posséder toute la vérité, je suis juste certain que vous ne la détenez pas entièrement, tout comme vous serez convaincue de la même chose à mon encontre après être parvenue jusqu’ici…mais le courant n’en est pas moins porteur et l’avenir ne peut être qu’un mix de diverses solutions à discuter jusqu’au consensus.

    On appelle ça : la démocratie!

  2. muny dit :

    Excellent billet, et commentaire suivant ;-)
    Un mot rapide à propos du fond : je rejoint assez le commentaire précédent et je vais même un peu loin, dans la mesure ou il ne me semble juste d’opposer des groupes de pensées entre eux tant que nous ne sommes pas mis d’accord sur des bases de discussions.

    Stigmatiser un groupe de pensée tel que les néolibéraux est bon pour une affiche de manifestation, ou pour la télévision, mais pas pour une discussion sincère. Il me semble que de nombreux libéraux et néolibéraux ne connaissent en fait pas le fonctionnement basique de notre économie actuelle. C’est pourquoi il me semble judicieux de rappeler avant tout l’essentiel : pourquoi nous en sommes là aujourd’hui, en fait comment dans le passé cette situation a pu être rendu possible.

    Le libéralisme, le néolibéralisme et le libertarisme à l’américaine se défendent tout à fait, et sont respectables. A titre personnel je compare cela à du darwinisme économique. Soit le plus bas niveau de compréhension des enjeux humains : uniquement propulsé par une transposition reptilienne du fonctionnement économique. Où l’humain a finalement théorisé, et mis en pratique, un fonctionnement issu de ses plus bas instincts animal. Ce n’est pas à l’évidence quelque chose de bien évolué, malgré la complexité que nous avons crée autour. Mais ce n’est pas le débat.

    L’essentiel est bien de regarder l’histoire, et à quel moment nous avons rendu possible la situation d’aujourd’hui. On peut teergiverser sur le bien fondé de l’emprunt publique, et la nécessité d’avoir un compte à l’équilibre à court terme, et les opinions divergent avec de bonnes argumentations. Mais on ne peut voiler le fait essentiel : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=C14140127CB26781674ED75C10C5C2C6.tpdjo04v_2?cidTexte=JORFTEXT000000334815&dateTexte=19931231&categorieLien=id#JORFTEXT000000334815 Et certains points précis des traités européens qui ont suivis et entériné cette situation inacceptable. Même par le plus néolibéral parmi les néolibéraux.

    Au lieu de se déchirer sur des visions différentes, qui ne seraient que politique, il semble aujourd’hui nécessaire de faire clairement le tri, ensemble.

    Cdlt.

  3. [...] cet homo-libéral nous – Nicolas, See Mee, Oceane, Dadavidov, Marco, Gaël, Agnès, Ronald, Christian, CSP, Seb, Valerie, Vogelsong – [...]

  4. [...] m’associe donc à la lettre ci-dessous publiée chez  SP,  SeeMee,  ValerieCG,  vogelsong,  sebmusset,  dadavidov, intox2007,  MipMip,  Jegoun,  Ohoceane, [...]

  5. @Muny : joli le lien vers Legifrance, très explicite de l’abjection qui s’est produite.

    Incroyable, consternant, mais vrai, le moteur de conversion n’est plus, depuis cette époque, la balance commerciale de la France ou des commandes de l’Etat, qui aurait ainsi pu tout simplement produire de la monnaie au lieu d’emprunter….mais l’endettement du public!

    A chaque fois que vous avez (nous avons) acheté un produit quelconque à crédit sur X mois à un taux d’intérêt incroyablement faible (Cetelem, entre 3% et 5%, taux d’intérêt impossible pour du crédit personnel, désormais réintitulé "crédit à la consommation", nom évocateur) l’organisme créditeur à utilisé de ce crédit en tant que sous-jacent d’un "véhicule spécial", du même genre que les subprimes, non sans l’application d’un très considérable levier dessus (la banque prête X fois la somme dont elle dispose en louant l’argent à la banque centrale, ce qui donne des rendements mirobolants). C’est ce sous-produit économique composé de sous-jacents sciemment mal documentés qui est utilisé comme base de calcul de valeurs nationales, de sorte que l’Etat, qui n’en bénéficie plus, puisqu’il ne peut plus réclamer à sa banque centrale la contre-partie liquide, peut ainsi emprunter l’équivalent sur le marché international….

    …Avec la différence que l’emprunt constitue non pas une richesse, mais un capital sur lequel des intérêts cumulés s’additionnent, engendrant ce qu’on appelle aujourd’hui "la crise de la dette". Les intérêts étant encaissés par les "garants" de la dette, à savoir les obligataires (les détenteurs des obligations d’Etat) qui ainsi encaissent des sommes dantesques sans fournir quoi que ce soit d’autre que de l’argent…qu’ils n’ont jamais possédé, mais juste crée artificiellement via des manipulations, essentiellement boursières, telles que des ventes à découvert ou des CDS.

    La situation est ainsi qu’aujourd’hui, plus les Etats sont dans la merde, plus les financiers encaissent. Sous prétexte du "risque" ils font monter les taux d’intérêt en geignant sur leur capital qu’ils risquent de perdre. Mais quand on sait qu’un capital placé à 5% (presque le cas de la France en ce moment) double tous les 15 ans. Que ce délai tombe à 10 ans à 7% (presque le cas de l’Italie actuellement). Qu’il tombe à 7 ans à 10% (situation du Portugal). Qu’on observe que, comme de juste, le "plan de sauvetage" de la Grèce est basé sur une distance de….15 ans (!!!) on comprend bien des choses et, surtout, que le capital ne risque pas grand-chose.

    Tout ceci ne relève pas du libéralisme. En fait, plus grave, ça n’a carrément rien à voir!

    Pour être plus précis, ce n’est pas non plus du capitalisme. Le capitalisme consiste en un mode de vie orienté sur l’argent, il n’autorise pas la malhonnêteté.

    http://www.lemondeenchantier.com/forum/viewtopic.php?f=4&t=1405

    Personnellement, je n’aurais rien contre des petits changements*, encore faudrait-il s’en donner les moyens. C’est pour cette raison que j’ai imaginé l’AMI : http://soyons-AMI.fr Clairement, ce n’est pas de lutter, même nombreux, contre le néolibéralisme qui va changer quoi que ce soit…puisqu’il n’existe pas! Ce n’est qu’un terme imaginé par les collectivistes (à ne pas confondre avec des gauchistes. On peut être de gauche sans forcément être collectiviste, et vice-versa. Le gauchisme est un mode de pensée, le collectivisme un mode de vie).

    Tout ceci pour dire que j’hésite à signer la lettre, bien que je sois d’accord sur la forme de son contenu. Le fond étant erroné…

    *Faut tout foutre en l’air!xD

  6. [...] SeeMee, ValerieCG, vogelsong, sebmusset, dadavidov, intox2007, MipMip, Jegoun, Ohoceane, AlterOueb, [...]

  7. See Mee dit :

    @SoyonsAMI et Muny : Malheureusement, je suis abrutie par une bonne crève, donc je ne me sens pas la patate de produire ce soir une réponse aussi poussée que vos commentaires ! Il faut dire que vous n’avez pas lésiné : vous soulevez à partir de ce modeste billets de bien vastes sujets ! Merci de votre implication. :D

  8. [...] cet homo-libéral nous – Nicolas, See Mee, Oceane, Dadavidov, Marco, Gaël, Agnès, Ronald, Christian, CSP, Seb, Valerie, Vogelsong – [...]

  9. muny dit :

    @SeeMee : bon repos, remet toi bien et confortablement. Les grands mères conseillent du thyn en infu le soir, du miel le matin, et beaucoup de thé vert la journée ;-) hihi :)

    @AMI : Pour illustrer ton propos, un petit schéma récapitulant la situation de notre fameuse "dette" : http://www.plumedepresse.net/wp-content/uploads/Dette_evolution_avec_et_sans_interets.jpg

    Il est aujourd’hui un devoir d’informer notre entourage sur les mécanismes exacts de la création de monnaie, pourquoi est ce ainsi (en toute objectivité : il y avait à l’époque de vrais arguments), et surtout comment cela a pu être possible : par qui, quel hommes politiques, et quels textes. Car en cette année électorale, il y a une question centrale : "êtes vous prêts à ré-équilibrer ce système et à abroger l’article 104 du tratié de Maastricht, et la vingtaine en découlant dans le traité de Lisbonne. Enfin réformer totalement le pouvoir de la banque de France, puis donner (non pas une exclusivité) une majorité sur le droit de frapper la monnaie à la BCE, ainsi que la soumettre totalement aux contrôles démocratiques". C’est selon moi LA seule question que l’on doit poser aux divers candidats. Tout le reste en découle, pour ce qui concerne l’économie.

  10. @SeeMee :

    Soignes-toi bien. ;)

    @muny :

    Je connaissais ce lien que j’ai déjà partagé et qui est vraiment très évocateur.

    En ce qui concerne l’évolution politique de l’économie, je ne voyais pas la chose comme ça, mais je dois dire que le retour en arrière pourrait améliorer considérablement les choses.

    Bien qu’en réalité nous vivions la fin d’un monde, d’une civilisation, et ce n’est pas Paul Jorion qui me contredira : http://www.telerama.fr/idees/paul-jorion-pire-qu-une-crise-economique-c-est-une-crise-de-civilisation,35224.php

    En fait, ce qu’il faudrait, c’est changer de système monétaire et passer au 100% monétaire, soutenu par Allais et répercuté ici par Gomez : http://postjorion.wordpress.com/2011/11/04/215-resume100monnaie/

    J’ai participé au fil (Thierry Curty) et je me suis fait traiter de tous les noms. Que je ne comprenais rien au système monétaire, que je n’avais rien compris au 100%M, etc…xD Faut dire que je remettais en cause la pertinence d’une croissance monétaire corrélée à l’inflation et les transactions, préférant une corrélation à la consommation énergétique mondiale, puisque plus un pays est développé, plus il consomme, tel que nous pouvons le voir ici : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/10/demographie-et-energie-un-couple-indissociable_1601359_3232.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001

    De fait, la monnaie serait ainsi protégée de la spéculation puisqu’elle grandirait en conséquence du potentiel d’échanges commerciaux et non plus des transactions effectuées. Le risque ne serait pas bien grand, parce qu’on peut faire confiance aux hommes d’affaires pour ne pas laisser passer une opportunité.xD

    Je traite aussi de divers choses sur mon forum perso : http://www.lemondeenchantier.com/forum/viewforum.php?f=4

    En tous les cas, de changer de système monétaire ou de redéfinir (rétablir dans ses prérogatives) la fonction de la banque nationale, prendrait du temps, beaucoup de temps. Il y a aussi les propositions de Chevènement, Villepin ou Bayrou, consistant en une monnaie commune, en lieu et place d’une monnaie unique. De sorte que chaque Etat aurait ainsi la responsabilité de sa propre monnaie. Ce serait possible, puisque, de toute manière, chaque Etat produit son propre Euro, parfaitement identifiable.

    Mais, dans l’immédiat, une solution économique viable rapidement serait de permettre au peuple de diriger lui-même l’économie. En lui offrant un taux d’épargne réaliste, on repompe une partie de ce qui est parti dans les poches des puissants. En le faisant participer, on lui permet de choisir ses emplois. Etc… C’est pour ça que j’ai imaginé l’AMI, qui ne sera pas un "groupement" ou une révolution, mais bien un système économique privé fonctionnant sur une base démocratique. ….Encore faut-il le soutenir en le diffusant et en expliquant aux entrepreneurs qu’il faut qu’ils souscrivent une part afin de mettre en route le système. Et là, nous engageons ensuite le public dans la voie et dès que le fonds est constitué, nous créons de la richesse, de l’emploi, de l’économie réelle tout en repompant vers les poches des adhérents une partie de ce que les financiers ont indûment empoché. Facile…à la condition de faire en sorte que ça se fasse.

    Pas si évident, je suis TOUT SEUL!

  11. Olivier dit :

    Quant à savoir quand tout ceci à commencer : Modernisation et dérégulation financière, abandon de la finance au seul marché sont évidemment critiquables, mais ils n’ont pas été uniquement le fait des gouvernements conservateurs, de droite, les gauches sociales démocrates ne se sont pas gênés.C’est bien Laurent Fabius et Pierre Bérégovoy qui ont porté la modernisation, à moins que je me trompe, et les historiens de l’économie aussi. C’est bien un gouvernement de gauche qui a crée le Matif (ou Marché à terme des Instruments Financiers dont sont issus ce qu’on appelle les produits dérivés). Pour mémoire ca se passe en février 1986, soir un moi et demi avant les législatives. C’est bien Fabius qui dès 1983 appelait à la grande ouverture du crédit … Et ceux de droite s’en sont bien évidemment frotté les mains pour n’y rien changer par la suite.

    Bref, droite et gauche sont coupables, l’une et l’autre.

    La majorité des économistes, toutes tendances confondues, s’accordent par ailleurs pour observer que cette modernisation de la finance est concomitante avec le mouvement de mondialisation … Tire en les conclusions que tu veux.

    Et l’on voudrait nous faire croire que le libéralisme est à la source de tous nos maux ? ben ça ! … c’est juste réécrire l’histoire. Et c’est pas beau.

  12. Le problème, c’est que ce courant de pensée consistant à tout mettre sur le dos du pseudo libéralisme que nous avons subi est aujourd’hui quasi dogmatique!

    Ceux qui pensent que nous n’avons pas vécu le libéralisme passent littéralement pour des salauds. En ce qui me concerne, il ne se passe de jour sans que l’on me traite de tous les noms ou que j’engendre des réactions épidermiques violentes. Exemple ce soir : http://www.sophiemenart.info/2011/11/bonheur-neoliberal-mes-fesses/

    Et ce alors qu’il est vraiment très périlleux de laisser ce courant de pensée s’installer à demeure, parce que la résultante en serait bien pire que ce que nous avons vécu.

    En ce qui me concerne, si j’ai une hantise plus forte que celle que j’éprouve face aux pourris qui nous ont mis dans cette situation, c’est bien celle du collectivisme, fût-il modéré….

    Je dois dire que j’apprécie beaucoup que SeeMee ait publié ce billet qui permet que plusieurs libéraux (des vrais, pas des soutenants du système actuel) s’y retrouvent. C’est surprenant et plaisant de voir que tout le monde n’est pas totalement anesthésié par la panique de l’effondrement de notre économie. Je pense que c’est le moment ou jamais de communiquer à tout va et de faire front en répliquant à tous les discours plus ou moins irréfléchis que nous pourrions rencontrer sous peine d’aller vers une situation assez pénible.

  13. Olivier : si je ne me trompe, dès 1981 les capitaux se sont retirés de France pour faire pression sur Mitterrand et l’obliger à changer de politique. Les gouvernements socialistes suivants ont fait ce qu’ils ont pu pour "accompagner" cette montée du tout financier.
    C’est bien la droite au pouvoir qui, en plus de vendre à ses amis les bijoux de la France a détricoté le droit du travail et les acquis sociaux ! :-)

  14. Olivier dit :

    Faux … Les capitaux sont retirés dès 1980 et ce retrait se poursuit en 1981. La spéculation contre le franc n’interviendra qu’après les législative de mai-juin. Les experts annoncent alors une reprise pour 1982, s’en suit détente sur les taux, et gestion de cours, pour la partie obligataire.

    Faut-il dire aussi, pour la partie actions, que la perspective des nationalisations ne pousse pas spécialement à investir dans les entreprise à cette époque.

    Non ?

    Demain, on te pique ton job pour le filer à une autre. Tu fais quoi ? …

  15. Olivier : 1850-1975 RIP la société du travail.

  16. Olivier dit :

    Pour mémoire, une reconstitution de l’état du CAC 40 (echelle mobile crée en 1987) donne :
    - entre le 01/11/1980 et le 30/04/81 un recul de 10,47% après un mouvement à la baisse débuté sporadiquement dès 1977. Notre pays connait alors une baisse de compétitivité qui est sans rapport avec l’élection ou non de François Mitterrand. Il y a là sans doute une explication parmi d’autre de la défaite de Giscard d’Estaing.

    Et je réitère … la création chez nous des produits dérivés, à la source des produits sans couverture "hedge funds" est un héritage du Matif crée par Beregovoy et Fabius. La monnétisation de la dette fait partie de ces dispositifs de "futurs products" qui n’ont d’anglo-saxons que le nom.

    Qui offrira un livre d’Histoire économique contemporaine à Monsieur Poireau ?

  17. Olivier dit :

    D’un autre coté, je ne suis pas là pour taper, Monsieur Poireau.

    Je trouve juste déplorable qu’on s’acharne à taper sur une pomme après y avoir marqué Tomate, pendant que la vraie pomme continue à se foutre de votre gueule. Ni plus ni moins. Vous allez les uns et les autres sur la bonne cible, au fond, mais vous la faite déjà passer pour une autre. Puis les gens n’y captent plus rien … mais bon …

    Ce n’est pas en changeant l’histoire que vous changerez le monde.
    Bonne journée.

  18. Il est clair que les socialistes ont agi dans le même sens. Et ce n’est pas particulièrement la droite qui a agi en la défaveur du public.

    Contrairement à ce qui est prétendu, la droite n’a pas fait plus de cadeaux aux riches que la gauche. La différence entre les deux bords ne réside d’ailleurs pas dans là.

    La gauche défend l’ouvrier, la droite défend l’entreprise…les deux soutiennent le capital, point!

    Je dirais même que la gauche le défend plus puisqu’elle veut le redistribuer. La droite ne soutient pas le capital, mais la performance économique.

    Les objectifs finaux des deux bords sont les mêmes, les chemins pour y aller, différents. Mais ils ont les mêmes buts.

    A noter que Olivier ne dit nullement que ce qui s’est passé est volontaire. Les éléments mis en place au cours de notre évolution économique l’ont été en raison de différents facteurs, à commencer par notre ennemi de toujours : les USA!

    Les USA, le pays que les autres ont connement accepté comme étant producteur de la première monnaie de change, au travers des accords de fin du monde : les accords de Bretton Woods, ont eu la bonne idée de supprimer la parité dollar-or, sans consulter personne ni remplacer cette parité par autre chose.

    Rendez-vous compte de la compétitivité économique que cela leur apportait? Il fallait intervenir et trouver des solutions économiques pour les contrer.

    Mitterrand avait dit : "les américains sont très durs, les américains sont voraces"!

    Chirac avait dit : "nous devons maintenir le capital pour rester compétitifs face aux américains".

    Nos soi-disants amis ont de tout temps été notre cible, affectueusement choisie dans un atlantisme débridé. De fait, à travers eux et par nos actes, le monde entier nous hait!

    Donc, d’un côté nous avons notre meilleur ami, les USA, qui ne vit que pour nous enfler par tous les moyens, et de l’autre, le reste du monde, qui nous hait parce que nous sommes des colons ou parce que nous sommes des amis des américains.

    Et ça alors que les russes nous appellent, nous demandent, nous proposent de devenir nos amis, notre protecteur, eux qui sont appréciés partout sur le monde. Que ça soit en Chine, en Iran, au Zimbabwe ou en Colombie, TOUT LE MONDE aime les russes. Et ils ont tout à nous offrir : technologie, surface agricoles à défricher, forêts à exploiter, gaz, pétrole, minerai…En plus, ils sont un pont stratégique entre l’Europe et l’Asie.

    Il est là le vrai problème! Il ne se trouve pas dans le gauchisme ou dans le droitisme. En France, les deux sont capitalistes.

  19. Olivier dit :

    Correction … La gauche, depuis Fabius, ne défend jamais que les siens, les bobos friqués qui se donnent une conscience dans l’humanitaire.

    Exact par ailleurs le fait que notre histoire n’est jamais qu’incidente … Par contre, comment réussir avec des économies interventionnistes là où l’ensemble de la planète, au travers des marchés, va dans l’autre sens … Il y a une décorrélation entre les politiques économiques et la pratique, en quelques sortes. Le commerce international requiert de l’initiative. O, fait tpout le contraire … Et on voudrait que ça marche ?

    Et arrêtons de croire que les USA veulent bouffer la planète … Si l’euro coule, ils coulent avec … Tout est lié.

  20. Eliette Bastillette dit :

    Je suis franchement désespérée.J’ai contribué à faire élire François Hollande au 2eme tour parce que j’ai vraiment cru au changement tel qu’il était promis et à la création d’une majorité irréprochable. Quelle trahison de voir que François Hollande choisi comme Premier ministre Jean Marc Ayrault, qui n’est vraiment pas irréprochable ! Ayrault a tout de même était l’objet d’une condamnation à de la prison pour fait de favoritisme ! Grande déception..

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